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Coralie Giroud – Back to films, l’interview

Son obsession pour l’image l’a naturellement conduite à la photographie. Depuis presque huit ans, Coralie manie sa collection d’appareils argentiques de manière intime et spontanée. Toujours  à la recherche de représentations authentiques, Coralie Giroud nous confère dans un univers à la fois dramatique et tendre. Ses traces de vie quotidiennes sont pour elle thérapeutiques.

 

Tes sujets vont souvent à l’encontre de l’image que l’on se fait d’eux,  on a l’impression que tu cherches la faille. Qu’en penses-tu ?

Si on s’y donne intimement et sans retenue, les photos reflètent généralement ce qu’est la personne. 99% de mon travail est d’exprimer ma manière de voir la beauté et le réel sous différents angles, sans chercher à aller à contre courant de quelque chose, justement, je suis la faille et ça se voit dans la valeur que je donne aux formes, aux ambiances, aux expressions. C’est bien qu’on y soit sensible, ça apporte quelque chose de nouveau.

 

Tu es ultra productive. Ton procédé est-il plutôt réfléchi ou impulsif ?

J’ai l’impression que c’est à peu près pareil pour chaque photographe. Au début, il y a cette phase d’exploration où l’on commence juste à « voir », là c’est compulsif, obsessionnel, tout semble tellement anecdotique. Ensuite, tu fais des recherches plus spécifiques, puis, tout ça prendre forme avec le temps, l’investissement, les influences, l’importance qu’on y apporte. Tu creuses certains sujets plus que d’autres, mais c’est toujours impulsif, irréfléchi. Je dirais qu’on s’amuse quand on sait suffisamment ce que l’on fait sans se poser de questions et qu’on est satisfait par la suite. Cela revient à dire que si t’es passionné et que tu te fais un minimum confiance, tu t’amuses.

 

Pourquoi l’argentique ? Tu fais partie de cette petite vague d’allergique au numérique ?

Je ne pense pas être totalement allergique au numérique, c’est surtout que ça ne me touche pas autant que l’argentique. Disons que dès le départ, il y a deux écoles. Une exposition de photos numériques de type pseudo parfaites m’ennuie toujours plus, ça ressemble à de la publicité dans 70% des cas. Évidemment, il y a de jolies choses, mais c’est un tout autre procédé artistique.

S’il y a un truc dont je suis sûre et certaine, c’est que des pixels ne seront jamais du grain, le numérique peut toujours être présent partout, il n’arrivera jamais à la cheville des résultats en argentique. On ne pourra jamais comparer un 7D et une chambre, ni un Mark III et un Hasselblad, même si l’époque le veut absolument. C’est aussi ça qui me dérange, l’appareil moderne a reçu toute sorte de perfectionnement grâce aux avancées technologiques, en le rendant plus maniable plus pratique, mais ils ont eu pour conséquence de modifier profondément le caractère esthétique des images, et cela correspond bien avec l’esprit évolutif de notre époque. Je me sens assez en décalage avec cette tendance. Je préfère tout ce qui sort des années 1990 et qui a marqué mon éducation.

 

Pourquoi ce choix du noir et blanc pour les photos de plage de cet été ? Tu avais quoi en tête ?

J’ai délibérément choisi le noir et blanc là où la couleur est utilisée de coutumes. Dans ces séries, il s’agissait de s’attacher aux découpes, aux lignes et aux formes des paysages habités. Que ce soit pour les mouvements d’eau et de roches naturelles ou que le paysage soit fabriqué comme les blockhaus et hôtels, la découpe transparaît dans ce qu’elle engendre comme paysage activé. J’ai un rapport particulier à l’eau, l’eau noire a cet aspect plus mouvant et singulier.

 

Ton parcours photo de l’été dernier ?

L’été dernier, j’ai fui Paris avec ma copine. On a vu Cassis et les calanques, Nice et sa superbe population pro-plagiste, mais surtout les adorables petits villages perchés, quelques villes glauques, mais vivantes en Italie, l’inévitable Monaco et son très inspirant musée océanographique, pas d’ouragans, Bandol & Sanary, Porquerolles qui est incroyable même débordante de touristes en vélo-casque, enfin les immenses plages d’Hossegor et Capbreton.

 

Les enfants sont très beaux, mais ils ont un truc perturbant, parfois terrible, ils ressemblent à des minis monstres, des petites créatures. C’est quoi le truc avec les kids ?

C’est ce qu’ils sont, de petites créatures pleines d’humour qui nous font chier la vie ! Non, par contre ils sont des sujets plus naturels, pas si exigeants et plus créatifs. J’ai horreur des gens qui posent et des mise en scènes qui crèvent la beauté du réel. Les enfants en ont rien à foutre d’avoir les cheveux devant la figure ou d’avoir une sale tronche en rigolant, c’est plus un jeu qu’autre chose. Aussi, plus on avance vers la trentaine, plus on est nostalgique donc quelque part je dois un peu me retrouver gamine en eux, je sais pas, tu penses que je devrais consulter?

 

Une expo à Lyon ou ailleurs ?

Je n’ai rien de prévu à Lyon pour le moment. À l’heure actuelle, je travaille sur mon exposition « SHORE » qui aura lieu en avril dans le 18e. Certaines résidences m’intéressent assez, autant pour l’enrichissement personnel que pour le matériel à disposition. À la fois l’étranger m’attire énormément, mais Paris est tellement riche, surtout en termes de sous-culture. Néanmoins, certains lieux me plaisent plus que d’autres, j’habite dans le 11e et c’est plein de galeries alternatives où l’on peut voir de tout. J’ai la chance d’avoir quelques amis graphistes talentueux et talentueuses dans mon entourage avec qui j’entreprends plusieurs projets d’édition. J’en suis arrivée à un point où j’ai beaucoup de choses à montrer.

 

Sottises a sélectionné quelques photos de Coralie, à retrouver dans la galerie