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L’épicerie moderne fête ses 10 ans avec un livre

Dans le paysage lyonnais des salles de musiques actuelles, se cache au sud de l’agglomération une salle au nom ludique et affriolant : l’épicerie moderne. Bien plus qu’une salle de concerts puisqu’elle représente l’âme musicale des épiciers qui la font vivre. On revient sur dix années de concerts avec Damien, directeur du lieu.

À Feyzin, au-delà du paysage des raffineries, se trouve l’antre musical préféré de nombreux lyonnais dont je fais partie. Bien plus qu’une salle de concerts, c’est aussi un véritable lieu de vie, d’échange et de partage unissant les permanents, les adhérents et le public.

La programmation de l’épicerie est éclectique allant de l’indie-rock à la folk, en passant par le hip-hop, la chanson française et faisant un détour par les musiques du monde. Des univers variés à la qualité irréprochable. On y va les yeux fermés, pour voir un groupe que l’on aime particulièrement, comme pour découvrir des artistes émergents. De notoriétés différentes, des têtes d’affiche comme des plus petits noms s’y sont produits, les premières parties sont d’ailleurs le moment pour rencontrer des groupes de la scène locale.

La salle, qui possède l’une des meilleures acoustiques et système son de la région, est gérée par une association dont l’ambition est de vous faire vivre un délicieux moment,  la touche « épicerie » en plus. Le sourire aux lèvres, et toujours ouvert à la discussion, l’équipe de l’épicerie moderne vous propose de bons produits musicaux. À peine entré dans le hall qu’une exposition vous fait de l’oeil. Une Grihète fraîche à la main (bière blonde locale), vous parvenez à la boutique où livres d’art et de musique embrassent les bacs à vinyles et affiches sérigraphiées. Un joyeux bazar d’où vous ne sortirez pas indemne, enfin… surtout votre portefeuille. Bref, à l’épicerie tout est fait pour que vous vous sentiez bien.

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L’épicerie, c’est aussi un amour musical démesuré et une affection particulière envers son public. Quelques concerts mémorables pour ne citer qu’eux : Wu Lyf, Mac Demarco, Beach House, Earl Sweatshirt, Local Natives… Le directeur a sa petite idée des moments qu’il a préférés : « Unsane, Shellac, le second concert de The Ex, Vic Chesnutt, Charles Bradley, Future Islands. » Des esthétiques différentes, mais des moments qui « chacun à leur manière m’ont marqué personnellement. »

Le rapport de proximité avec la ville et les Feyzinois en fait une salle en lien avec son voisinage. Des initiatives pour chouchouter le territoire avec les concerts en jardins, la guinguette en plein air et la brocante de la rentrée. De plus, c’est un lieu à caractère multigénérationnel : les petites gourmandises ravissent les plus jeunes tandis que la chorale rock, s’adressant aux + 50 ans, déménage.

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L’ingrédient magique de l’épicerie c’est cet esprit de convivialité et pour retracer la petite histoire du lieu, on revient sur les débuts :

À son ouverture en 2005, le milieu musical lyonnais ne croyait pas au futur succès de salle, « on ne connaissait personne, on n’avait aucun réseau » se rappelle le directeur. « Avec le recul, je suis assez content de ce que la salle est devenue ». Au départ, chargé d’administration, aujourd’hui programmateur et directeur, Damien a connu un bon nombre de concerts et suit le projet depuis son commencement.

Il nous certifie à quel point la sociabilité est primordiale et qu’elle a marqué l’évolution du projet de l’épicerie : « Les rencontres faites ont été importantes, qu’il s’agisse des gens qui gravitent autour projet, ou des bénévoles qui se sont succédé au sein de l’association. J’ai une vraie estime pour eux et pour leur travail. » Une pierre posée par chacun à l’édifice de ce lieu marqué par les personnes qui le font vivre. « J’aime l’idée que les projets survivent à leurs créateurs. L’épicerie a toujours été un projet collectif, et il n’y a pas de raisons que cela change, personne n’est irremplaçable. Le caractère commun et collectif du projet tel qu’il est devenu est un fait marquant. Il est le résultat de réflexions faites par les salariés et les membres de l’association. »

Forte d’une identité visuelle reconnaissable, la salle a su tirer profit de son appellation pour afficher des tickets de caisse version supermarché avant de se tourner vers le design graphique. Le studio graphique Kolle Bolle a créé l’univers du lieu et sera le chef d’orchestre du livre retraçant les dix années de concerts de l’Épicerie. Pour mettre à bien ce projet de livre souvenir, une petite participation à la cagnotte Ulule est demandée. Vous pouvez, avec quelques euros, repartir avec un tote bag (personnellement je les collectionne), des cartes postales, des pin’s et ou encore le fameux livre-objet. Pour participer, c’est par ici.

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Pour la suite ? On espère que l’épicerie moderne continuera de nous épater grâce à sa programmation. Et qu’elle nous proposera encore des objets culturels qualitatifs, car on ressort très rarement sans un vinyle sous le bras, ou un t-shirt à l’effigie du groupe que l’on vient de voir sur scène. Ok, j’assume mon côté groupie. Et au fait, bon anniversaire L’épicerie !