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Rémy Mattei nous parle de son nouvel opus : La Kebaberie

La Kebaberie … Le nom de ce nouvel opus édité chez Mauvaise Foi interpelle franchement. Rémy son auteur a bien voulu répondre à nos questions sur son bouquin, le collectif et sur sa manière de travailler. On le félicite pour ce beau travail 100% fait main à l’atelier situé 1 impasse Fernand Rey dans le premier arrondissement. Rémy et toute la bande lanceront joyeusement La Kebaberie à l’Atelier Expérience ce jeudi 1er octobre.

Salut Rémy, c’est quoi La Kebaberie, un manifeste pro-kebab ?

La Kebaberie c’est un recueil de Bande Dessinées muettes, imprimé en sérigraphie et relié à la main, édité par Mauvaise Foi, structure éditoriale et collectif d’auteurs dont je fais partie. C’est un bouquin qui parle de gens à qui il arrive des choses tristes, bizarres et qui le méritent parfois… Un pêcheur du dimanche qui se fait enlever, un ersatz de philosophe qui part vivre dans la jungle et un postier qui tombe sur son ex… Ce sont en gros les trois protagonistes du recueil.C’est un livre que j’ai réalisé en une année, quand le temps me le permettait dans lequel j’ai voulu essayer de raconter des histoires en me passant de la parole des personnages pour mieux me concentrer sur la fluidité du récit. Il est tiré à seulement 100 exemplaires et j’ai réalisé toutes les étapes de sa création, du dessin à sa reliure, ainsi que son impression… Bon, les copains de l’atelier m’ont quand même bien aidé, surtout pour la reliure qui est loin d’être mon fort à la base.

Pourquoi tant d’amour pour le Kebab ?

Si ce bouquin pouvait sauver autant de soirées qu’a pu le faire un bon kebab à 3h du mat’, ce serait magnifique, non ? Un Kebab, c’est gras, ça tâche et c’est mauvais pour la santé, mais bordel, c’est bon ! J’espère que c’est ce que se diront les personnes qui se procureront La Kebaberie ! Haha.

Pourquoi avoir choisi l’Atelier Expérience pour lancer ce recueil de BD ?

Cet atelier est rattaché à la Libraire Expérience située à Bellecour qui soutient énormément la scène BD indépendante lyonnaise. La chose s’est faite le plus simplement du monde. Au détour d’une conversation, un des tenanciers nous a lancé l’idée de faire le lancement chez eux. Ça fait quelques années qu’on les connaît et on a toujours pu compter sur eux quand il a fallu qu’on diffuse nos éditions. C’est encore une fois le cas, et ça fait plaisir !

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Parle-nous de ton processus créatif. Comment travailles-tu ?

Généralement l’envie de dessiner une histoire vient d’une idée d’astuce narrative que j’ai envie d’expérimenter graphiquement. Ensuite pour ce qui est de l’histoire en elle-même, ça va grandement dépendre de mon état d’esprit à ce moment-là… Et aussi du bouquin que je suis en train de lire ou de quel film m’a retourné le cerveau récemment. L’inspiration va des dessins animés que je regardais étant gosse, aux films perchés des années 70, en passant par des classiques de la science-fiction… La musique aussi, certains sons vont me donner envie de dessiner telle ou telle chose. Tout m’intéresse tant que ça sort un peu de l’ordinaire. Parfois, rien qu’un personnage qui passe en arrière-plan dans un film va me donner l’envie d’écrire tout un scénario.

Quelles techniques utilises-tu ? 

Mon travail est énormément centré sur la sérigraphie : je dessine toutes mes lignes au feutre noir, mais dès qu’il s’agit de créer une ambiance colorée ou de travailler la lisibilité d’une image, j’ai beaucoup plus de facilité et de plaisir à le faire par le biais de l’impression artisanale. Même si ça ne m’empêche pas de ressortir un pinceau et un pot d’acrylique de temps en temps. À côté de mon travail créatif, je suis sérigraphe dans notre atelier. Avec Hugo Charpentier, nous répondons à des missions pour des événements, des agences de com’, etc. du coup j’ai tout ce qu’il faut sous la main pour tester de nouvelles choses dans mes créations.

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Tes illustrations font preuve d’une ironie dingue : les femmes sont des mères maquerelles, la masculinité est souvent raillée. Quel est le message derrière ce joyeux chaos ?

Quand je travaille sur une image, je crois qu’une de mes premières motivations est de frustrer les gens qui vont la regarder. Du coup, j’essaye de leur donner ce qu’ils veulent tout en ajoutant des éléments qui vont titiller gentiment leurs nerfs. Un exemple tout bête : quand je dessine une femme qui martyrise un homme, je vais dans le même temps y intégrer les clichés de la femme au foyer. Puis, en bon sociologue de comptoir, une fois l’image imprimée en poster, j’attends qu’un couple passe devant et j’observe leurs réactions, et généralement, je ne suis pas déçu.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Alors, déjà, tout le collectif s’est mis à bosser sur le prochain Laurence 666, notre revue collective et scénarisée. Nous en sommes au numéro 6, et on est plutôt content du chemin qu’il est en train de prendre, ça risque d’être plutôt sympathique. Ensuite, j’ai deux gros projets en préparation, l’un avec Hugo qui tournera autour du cinéma, du dessin et de la musique… Et le suivant serait une BD en association avec un doctorant qui jardine des virus dans son labo à Gerland. Il est bourré d’idées folles et m’a contacté pour les scénariser et les mettre en image. Dans les deux cas, ce sont des projets qui en sont à l’étape du financement. Et c’est pas la plus fun des étapes.

Comment vois-tu le futur de la BD ?

Je ne vois pas pourquoi la BD serait morte tant qu’il y a des histoires cool à raconter et des auteurs pour bien le faire. Je pense que c’est un média qui va se transformer, se moderniser… et par-là, je n’entends pas forcément ce fameux « passage au tout numérique », mais plutôt par une évolution dans la façon de raconter l’histoire. De nombreux jeunes auteurs bossent là-dessus et expérimentent de nouvelles choses, ça se fera petit à petit et permettra à la BD de ne pas perdre de l’intérêt. On m’enlèvera pas de l’idée que la BD est le moyen le plus efficace et accessible de raconter une histoire imagée.

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Trois mots pour décrire le collectif dont tu fais partie, a.k.a Mauvaise Foi ?

Mauvaise Foi c’est le collectif formé par les créateurs de la revue Laurence 666. On s’est rassemblé dans un atelier pour continuer à bosser ensemble, et faire évoluer Laurence mais aussi en éditant d’autres projets, dont La Kebaberie fait partie, mais aussi des posters, des t-shirts… C’est aussi devenu un atelier de sérigraphie de commande. Bref on essaye de toucher à tout ce qui se rapporte à l’image, y a pas vraiment de limite si ce n’est le temps et le pognon.

Où peut-on se procurer tes travaux et ceux du collectif : sérigraphies, Laurence 666, La Kebaberie ?

Eh bien, pour les lyonnais, à l’atelier en premier lieu, puis à la Librairie Expérience ou le Bal des Ardents. Et nous avons mis en place une plate-forme de vente sur notre site internet qui est en passe de fonctionner. Ca devrait être au point dans les prochaines semaines. Il y a aussi moyen de nous trouver de temps en temps dans des festivals de micro-édition. Nous étions à Bruxelles il y a deux semaines et nous serons à Strasbourg pour Central vapeur en décembre par exemple.

Une seule bonne raison de venir découvrir La Kebaberie à l’atelier Expérience ce jeudi ?

Pour voir ma gueule, stressé à mort, rouge comme un pivoine, suant à grosses gouttes et pleurant à chaudes larmes ! Ou simplement pour avoir une jolie dédicace sur un livre fait avec amour et même repartir avec un ex-libris sérigraphié en live pour l’occasion.

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Lancement de La Kebaberie, jeudi 1er octobre à l’Atelier Expérience 52 rue Saint-Michel Lyon 7eme https://www.facebook.com/events/582516838553504/

Atelier Mauvaise Foi – 1 Impasse Fernand Rey Lyon 1er

 www.mauvaisefoi-editions.com

www.remymattei.tumblr.com