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For Intérieur – Olivier Abry, l’âge Poivre & Sel en Noir & Or

Olivier Abry vit depuis toujours une passion insatiable pour le design. Depuis 30 ans, il chine, achète et revend en quête du prochain graal. Ebay fait bien sûr parti de ses terrains de chasse de prédilection, il y passe beaucoup de temps à chercher la pièce ultime. Avant de pouvoir mettre la main sur les modèles en taille réelle, il a, d’ailleurs, commencé par collectionner des reproductions miniatures d’ensembles de meubles pour poupées des années 50 et 60. Chez lui, la plupart des éléments de mobilier ou de décoration ont eu une vie antérieure qu’il prend plaisir à raconter à qui lui demande en transmettant son enthousiasme. Les lampes sont à l’honneur et ornent chaque recoin de la grande pièce à vivre. Elles sont suédoises, américaines, françaises. Toutes sont d’époques et Olivier connaît leur histoire sur le bout des doigts.

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À la visite de l’appartement qu’il partage avec sa femme, on comprend que son changement de vie il y a 5 ans n’était pas une lubie passagère. Car en 2011, il a décidé de quitter sa première vie professionnelle pour concrétiser sa passion pour le design de lampes. À Villeurbanne, au bout d’une allée, dans une cour, se trouve l’atelier d’Olivier Abry. La pièce est immense et baignée de lumière, c’est ici que ce jeune quinqua passe ses journées à travailler, seul, à la manière d’un musicien s’isolant dans son studio pour composer.

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Pendant 30 ans, il a suivi un parcours en apparence plutôt classique et fait une carrière prometteuse chez Pier Import. En 2011, période-charnière pour Olivier, sa direction lui apprend qu’il va devoir se séparer d’une partie de ses employés. À cette époque, la rupture de contrat conventionnelle vient de naître et fait fureur dans les entreprises en difficulté. Lassé de la tournure que prend son quotidien professionnel et guidé par son amour de toujours, le design, il décide de claquer la porte. À l’âge où beaucoup ne se posent plus la question de savoir ce qu’ils feront quand ils seront grands, Olivier se lance à corps perdu dans une nouvelle carrière.

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Le nom de ce renouveau sera Wo & Wé, une appellation ou plutôt un clin d’œil, un hommage à ses deux jeunes sœurs qui prononçaient son prénom en onomatopées pendant leur enfance. Sans prendre le temps de souffler, il crée ses premières lampes en bricolant des pièces de récupération. Sans aucune formation, il apprend en suivant la meilleure des méthodes : essayer, rater, refaire, réussir. Une autre partie de son temps est consacrée à la recherche de pièces qu’il chine aux puces et en brocante. C’est là qu’il mettra la main sur un stock de pièces métalliques de l’armée, qui une fois transformées constitueront ses premières créations personnelles. Rapidement, il crée un blog où il partage les images de ses premières lampes. Sans aucune stratégie marketing ni étude de marché, il contacte des blogeurs spécialisés en décoration un peu partout dans le monde.

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Son style s’affirme. Ses lampes, épurées, sont souvent murales, fines, déployées, toujours élégantes. Le noir est partout. Un noir lumineux qui fait penser au pétrole et tranche avec les murs, souvent clair, sur lesquels les lampes sont posées. Certains abats jours au contraire, en opaline blanche tranchent par leur clarté. La couleur or aussi est un élément récurrent, mais n’est pas ostentatoire, au contraire elle se cache à l’intérieur des abat-jour.

Dès les premiers mois, les clients sont là, le premier pari est réussi. La demande augmentant, il doit repenser sa façon de concevoir ses lampes. Désormais il fait appel à d’autres artisans de la région qui produisent des pièces métalliques sur mesure pour ses créations. Il a également collaboré avec un jeune graffeur lyonnais qui à personnalisé certaines de ses créations : Kesadi.

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Abajour Wo&Wé x Kesadi

Aujourd’hui, la réussite est là et Olivier ne regrette rien de son choix à priori risqué. Il lui arrive régulièrement de découvrir ses lampes dans des articles de sites spécialisés qui relaient l’ouverture de nouveaux restaurants ou de lieux prestigieux à travers le monde. L’image la plus marquante, symbole de sa réussite, est peut-être celle d’Alex Calderwood, le fondateur des très branchés Ace Hotels, on y voit le célèbre hôtelier assis dans le fauteuil d’une suite londonienne subtilement décorée d’une applique Wo & We. Cette fois les idoles de départ sont devenues des clients.

L’intégralité des photos du reportage sont à retrouver dans la galerie

Plus d’infos :

woandwe.com

instagram.com/woandwecollection