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La musique provinciale de J-Zbel & BFDM

Des clubs-caves de Lyon jusqu’à la dernière édition des Nuits Sonores raisonnent le tapage de J-Zbel, nourriture torturée du label et collectif Brothers From Different Mothers. Cette formation mouvante se définit avant tout comme un espace d’expression pour les artistes de BFDM qui nous offre un son aux accents UK – entre acid, house, jungle, ambient -, et une célébration de la teuf qui manque à une scène électro de moins en moins téméraire. Avec deux sorties vinyles ultras convoitées dès leurs sorties, J-zbel et BFDM tendent à s’imposer, au-delà des frontières gauloises, en tant qu’annonciateur d’un esprit déjà bien amorcé à Lyon, celui de l’intrépidité.

J-Zbel s’articule comme Jézabel la séductrice impudique des récits bibliques dont les entrailles finirent dévorés par des chiennes. On ne souhaite évidemment pas le même sort aux sympathiques membres masqués que les aficionados de BFDM reconnaissent aisément. Loin de vouloir se planquer, ils exhibent plutôt un style de faux badass, de « gros gaulois » comme ils disent. Il faut dire qu’ils nous charrient sur le côté crew mystérieux : « on aime bien voir les gens galérer cherchant à savoir qui nous sommes. Ce qui compte, c’est pas de savoir qui fait la musique, mais de rendre le public attentif au son. »

À Lyon, J-Zbel attire un public avisé en manque d’exploration musicale.  S’il est difficile pour le public d’associer la formation à un style en particulier, ce mélange des genres et des personnalités leur permet de composer en s’affranchissant des contraintes de leurs projets persos. Le premier EP how i made my mom and my sis my sexbot slaves se voulait plutôt breaké entre techno et house. Pour la seconde release, Hyena sticks head in éléphants butt plonge du côté de la scène hardcore anglaise de la fin des années 80, début des nineties. Si vous ne connaissez pas le happy hard core, c’est l’un des genres les plus moqués et les plus incompris de l’électro. Si J-Zbel aime explorer ces « genres dégueulasses », c’est parce qu’ils trouvent le contexte actuel de la musique techno sclérosé, « fait par des mecs qui cherchent uniquement à baiser des meufs et à se faire du fric. Beaucoup d’artistes se copient les uns les autres, il n’y a plus de création. On est arrivés au moment où la mouvance techno tournait en rond. Notre musique est spontanée, on invente rien » pour Judaah gueule béante et boss de BFDM.

The Trilogy Tapes, L.I.E.S, Antinote. Trois labels élevés en exemple dont la ligne directrice ressemblent à celle de ce collectif : la promotion de tous les styles avec sincérité. BFDM ne s’interdit pas d’ouvrir les portes de sa casbah à des artistes qui n’ont pas le label musique électronique collé à leur front. Faire le grand écart entre techno, reggae post-punk et rap français, Judaah et James Tarba s’amusent déjà à le faire deux fois par mois sur les ondes LYL* tandis que The Pilotwings se marrent sur du disco, du zouk ou encore de la pop japonnaise, ils nous promettent même d’entraîner « un revival zouk » qu’on a hâte d’écouter. BFDM & J-Zbel explorent. Ce qui explique sans conteste les premiers exploits du label qui parvient à écouler ses 500 copies vinyles à chaque release.

Au premier pressage en 2014, ils étaient loin de s’imaginer vivre de leur musique, ils ne crachent bien sûr pas sur la caillasse, mais veulent tout de même rester une denrée rare préférant jouer dans des petits clubs ou ne pas éditer trop de disques, « on n’oublie pas l’excitation des dj à jouer un disque que quasiment personne n’a, et on préfère même les petits clubs aux grandes scènes. Aux Nuits Sonores, on pouvait même pas sentir la sueur des mecs qui dansaient sur notre live, c’était presque bizarre. » Qu’il s’agisse d’une date parisienne, londonienne ou provinciale, ils expliquent qu’ils aiment s’appliquer à être nazes en toutes circonstances, « on tient à notre réputation de provinciaux dégueulasses. Ça nous fait marrer quand des journalistes parisiens demandent à des mecs de Lyon, s’il se passe des trucs ici, pourquoi on ne vient pas à Paris pour rencontrer le milieu, etc. » BFDM et ses artistes n’ont pas l’intention de bouger, ni de rester planquer, mais de continuer à participer à l’agitation musicale lyonnaise dont nous n’avons pas fini de vous parler ici.

*Rhum Session et La Pénequet à écouter sur l-yl.com 

Les prochaines dates presque provinciales de BFDM :

J-Zbel

24.09 au Roscella Bay festival

The Pilotwings

04.08 au Sucre

12.08 à Paris avec Mori-ra

13.08 à Marseille avec Baba Stilz

19.08 au festival Château Sonic

25.08 au Baléapop

02.09 à Nantes

23.09 à Bruxelles bruxelles

24.09  au Roscella Bay festival

Judaah

21.08 au Sucre avec James Tarba & Basses Terres

04.09 au Sucre avec Bambounou & Call Super

Photos de J-Zbel aux Nuits Sonores, Sarah Fouassier