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Mauvaise foi, pas si malhonnêtes que ça

L’aventure Mauvaise Foi commence sur les bancs d’Émile Cohl, où les protagonistes préparent une revue entièrement faite main pendant leur dernière année ; cinquante exemplaires tirés des imprimantes de l’école : « on voulait en faire 66 mais on n’a pas réussi », s’en amuse Manuel Lieffroy. L’enjeu est de savoir s’ils peuvent concrétiser un « bouquin artisanal du début à la fin ». Pari réussi ! Laurence 666 en est à son sixième numéro (sortie prévue en septembre). Si le secret de ce nom est bien gardé, le choix de « Mauvaise Foi » n’est pas dissimulé. Rémy Mattei l’explique par « le mauvais choix de vie. Croire en quelque chose qui ne marchera pas… à la base on partait de rien et c’est ce qu’on se disait. Le but, c’était de réussir à en faire quelque chose. » La voie de cette malhonnêteté apparente, au final pleine d’humilité, se trace sûrement.

L’édition comme moteur

Aujourd’hui, Mauvaise Foi garde son noyau dur. On compte Rémy et Manu, mais aussi Hugo Charpentier et Chloé Fournier à temps plein. Une dizaine de dessinateurs avec qui ils travaillent depuis le début gravitent toujours autour du collectif.

Les quatre mousquetaires de la BD moderne comptent se lancer exclusivement dans le monde de l’édition, après avoir tenu un service d’impression sérigraphique dans leur ancien atelier. Depuis fin février, on peut les retrouver au 29, rue des Capucins, avec une exposition trimestrielle. En ce moment, c’est Guillaume Chauchat qui affiche « Lumières », son histoire d’amour aux nuances de gris.

Une relation de confiance

La revue au titre fémino-diabolique a su se faire une place de choix dans l’édition de la bande-dessinée contemporaine. Elle a grandi au fil des festivals de microédition, des rencontres artistiques et surtout du prix de la BD alternative à Angoulême décerné au numéro 5 en 2016.

Depuis le deuxième Laurence, le concept s’est forgé pour devenir une collaboration annuelle d’une vingtaine de dessinateurs autour d’un récit linéaire. Les styles se fondent sur une histoire à imager : la linéarité dans la mixité. Le scénar ? Élaboré par Mauvaise Foi lors de « réunions vin rouge-saucisson ». Différentes thématiques (boxe, polaire, médiévale ou SF) sont déjà passées sur les pages de Laurence 666. Une fois le synopsis donné, chacun travaille de son côté, sans influence. Ce n’est qu’à la deadline que Rémy, Manu, Chloé et Hugo assemblent le résultat. L’expérimental côtoie alors le « BD à papa », pour un aboutissement cohérent.

 

Le mois de mai s’annonce riche pour le quatuor ! Daniel Amdemichael s’installera sur leur mur, couplé à un bouquin as usual. Le collectif mettra en image le concert de Piniol le 17 au Marché Gare le même mois – une première. Mauvaise Foi, ce sont des amis passionnés du crayon et des possibilités infinies de notre temps qui poussent le 9e art toujours plus loin. Créer, et ré-inventer.

Les portfolios de Rémy Mattei et de Manuel Lieffroy sont visibles dans notre Galerie